Carnet d'août


Cette année, l'été se passe chez nous, à Saint-Malo.

Depuis que nous habitons ici, on se demande parfois un peu à quoi bon partir ailleurs en été. Quand la mer est à quelques minutes, que les journées commencent avec le soleil sur le Sillon et se terminent les pieds dans l’eau, l’idée de chercher plus loin paraît parfois un peu superflue.

Les matins, je prends régulièrement le chemin de la plage du Sillon avant de rejoindre l’atelier. J’aime y passer tôt, avant que la chaussée ne soit envahie. À cette heure-là, la marée est souvent haute, le soleil encore bas et quelques baigneurs matinaux se sont déjà jetés à l’eau.


La plage du Bon-Secours à Saint-Malo à marée haute, avec des baigneurs dans la piscine de mer et des plongeurs sur le plongeoir


Je reste parfois un moment à regarder. D'autres matins, je ne fais que passer, le temps d'une bouffée d'air frais, puis je prends mon chemin vers l'atelier.

L'atelier, justement, que je n'avais pas ouvert depuis un moment.

Depuis deux semaines, j'en ouvre à nouveau les portes, timidement. Il y a eu le plaisir de retrouver cet endroit autrement : entendre la porte s'ouvrir, accueillir les curieux, raconter les illustrations, regarder quelqu'un prendre le temps de les découvrir.


L'atelier de Pablo est une fille à Saint-Malo, avec des produits de la gamme de papeterie

 

Et puis, quand la journée se termine, la mer est encore là.

Alors certains soirs, nous allons y tremper les pieds. Seulement les pieds pour moi. Je laisse aux autres le courage de se baigner vraiment.

Les week-ends, nous changeons parfois de rôle et jouons les touristes dans notre propre ville : une glace à la main, une promenade dans les rues, un tour dans la grande roue. Des plaisirs très simples, mais qui ont quelque chose de délicieux quand on sait qu'on n'a pas besoin de repartir avant la fin de l'été.

 


Vue sur Saint-Malo et la plage du Sillon depuis la grande roue

Pendant ce temps, à l'atelier, quelque chose d'autre se prépare.

La nouvelle collection n'a jamais été aussi proche.

Après les premiers mois de l'année passés à chercher, dessiner, recommencer, laisser certaines idées de côté et en faire naître d'autres, mes illustrations commencent enfin à prendre leur place.

Je les mets en page sur l'ordinateur et c'est une étape que j'aime particulièrement. Sur l'écran, les dessins quittent peu à peu le statut d'illustrations isolées pour devenir quelque chose de plus grand. Ils commencent à dialoguer entre eux. Les couleurs se répondent, les formats se dessinent, les premières associations apparaissent.

Tout devient enfin concret.


Pablo est une fille dessinant un dromadaire en pointillisme dans son atelier à Saint-Malo


C'est aussi une étape faite de petits doutes et d'allers-retours. Un détail qui manque. Une composition qui ne fonctionne pas tout à fait. Une couleur à reprendre. Alors je déplace, j'efface, je recommence. Je laisse parfois une illustration de côté avant d'y revenir quelques jours plus tard.

Mais cette fois, je le sens.

La collection est là, quelque part entre les fichiers ouverts sur mon écran, les feuilles qui s'accumulent sur le bureau et les idées qui commencent à trouver leur place.

Elle n'est pas encore tout à fait prête.

Mais elle existe presque.

Et pendant qu'elle prend doucement forme à l'atelier, l'été continue dehors, au rythme des marées.

 

 

La plage du Sillon à Saint-Malo, avec les brise-lames et le quartier de Rochebonne
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À bientôt dans le prochain carnet.

En attendant, si vous souhaitez découvrir les illustrations,
elles sont toutes dans la boutique.